• Amours complexes, Partie 1

    Amours Complexes

    Partie 1

    De Ashley Jade

    Editions Juno Publishing France

    Format numérique

    222 pages

    Sortie le 5 avril 2018

     

    Résumé :

     

    Breslin. Je suis tombée amoureuse d'Asher Holden au moment où je l'ai vu. . . et j'ai su que plus rien ne serait jamais pareil. Puis il m'a blessée, brisée, ruinée. J'ai passé trois ans à recoller les morceaux – à réparer ce qu'il avait cassé. Jamais je n'aurais pensé que je le reverrai après ce fameux jour. J'y comptais bien. Mais ce que je ne savais pas, c'est que la vie me réservait bien des surprises. . . et que les choses allaient devenir bien plus complexes.

    Asher. Je sais enfin qui je suis. Je le revendique, je l'assume. . . Je n'ai plus peur. Je vis ma vie sans regret maintenant, parce que j'ai bien appris ma leçon – de la pire des façons. Je croyais avoir tout compris. Mais quand mon passé se heurte à mon présent. . . et que les choses deviennent complexes. . . Apparemment, je ne me connais pas si bien que cela, après tout.

     

    Landon. Ma vie était toute tracée. Je savais très précisément dans quelle direction j'allais – je n'avais pas de temps pour des obstacles ou des barrages. Puis, je l'ai rencontré, elle. Et lui. Maintenant, mon cœur est partagé. Elle contrôle le rythme. Il contrôle la mélodie. Complexe est un mot bien trop faible, et il n'y a qu'une seule fin possible .

     

    L'avis de Nanou :

     

    Lui, Asher, jeune homme issu d'une famille riche, quaterback et bad boy du lycée.

    Elle, Breslin, jeune fille pauvre, vivant dans une caravane avec un père ivre à longueur de temps et une mère qui les a abandonnés.

    Ils n'ont rien en commun et pourtant, un jour, une rencontre, un regard et c'est le coup de foudre.

    Follement amoureux, très complice, Asher et Breslin, vont devenir le couple star du lycée pendant 3 ans. 3 ans de bonheur qui va virer au cauchemar le soir du bal de promo, lorsque Asher va avouer son secret à Breslin.



    Amours complexes est comme sont titre l'indique, complexe.

    Tout d'abord, c'est un roman à 3 voix. Chaque chapitre est sur un personnage différent, Asher, Breslin ou Landon, ce qui nous permet d'avoir les points de vue de chacun et j'avoue que j'aime beaucoup ce principe .

    En commençant cette histoire, on peut penser lire un M/F ou un M/M  ou même, un Ménage, mais non, c'est beaucoup plus complexe que ça. ( Oui je sais encore le mot complexe ^^)

    Après la révélation de Asher, Breslin se sent trahie, brisée.

    3 ans après, elle essaye de se reconstruire, mais elle l'aime toujours même si elle le déteste tout autant. Elle n'arrive plus à faire confiance à un homme et lui ouvrir son cœur. Au grand dam de Landon qui se contente de ce qu'elle lui offre même s’il souhaite plus avec elle .

    Lorsqu'un voyage en Europe se présente, elle décide d'y participer. Rien de mieux que de l'espace et du temps, pour faire le point afin d'oublier son passé et de prendre confiance au présent.



    Asher a également beaucoup de mal à oublier Breslin. Il a voulu la protéger et protéger également son avenir, mais les épreuves qu'il a endurées n'ont pas été en sa faveur. Le seul point positif, c'est que maintenant, il sait qui il est et ce qu'il veut.

    Mais de nouvelles épreuves vont être sur son chemin et ça commence par son entrée dans une nouvelle université .

    Landon est l'homme parfait. Beau, intelligent, aimable, serviable, il suit des études pour devenir enseignant, mais son rêve est de devenir musicien. Il tombe amoureux de Breslin, mais la jeune femme est distante et ne lui ouvre pas son cœur. Sa rencontre avec un jeune homme va chambouler sa vie, ses sentiments et ses désirs.



    L'auteure nous livre une histoire complexe avec des amours complexes.

    Sa plume fluide et agréable nous entraîne dans une histoire de recherche d'identité, de sentiments amoureux, mais aussi d'homophobie, de chantage et de violence.

    Nos protagonistes ne vont pas être épargnés, ils vont devoir faire des sacrifices pour les gens qu'ils aiment.

    Ils sont très complexes, mais tout à fait bien décrits. Tellement attachants que l'on ne peut que les aimer et ne pas rester indifférent à ce qu'ils traversent.

    L'auteure mène son histoire d'une main de maître, elle est addictive et on ne peut que se laisser emporter dans la tornade de sentiments qui en découle.

    Amours Complexes est une très belle découverte, pleine de surprise et comme dit l'auteure, c’est complexe et vous ne trouverez aucun livre comme celui-ci



    Note 4/5




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  • Interview de Leona Brown

     

    Bonjour Leona et bienvenue chez Lecture-mania

     

     

    • Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

    Me présenter, bien sûr, même s’il n’y a pas grand-chose à dire. Je suis une maman de 34 ans qui partage son temps entre ses enfants, son métier d’assistante maternelle et ses passions.

     

    • Depuis quand écris-tu ?

    J’ai commencé à gribouiller à 25 ans et depuis c’est incessant, ça me colle à la peau.

     

    • Combien de temps consacres-tu à l’écriture ?

    C’est très variable. Cela dépend du temps dont je dispose. Ce peut-être deux, trois heures comme une demi-heure.

     

    • Quand tu as une idée, prends-tu des notes ?

    Cela m’arrive, mais c’est rare. Du coup, je prie pour cette idée ne s’envole pas jusqu’à ce que je puisse la coucher sur papier.

     

    • Sur quel support écris-tu ? (Ordinateur, cahier…) 

    Les deux. Lorsque je suis chez moi, j’opte pour l’ordinateur, mais quand je suis sortie (salon vacances…) je prends un cahier.

     

    • D’où te vient l’inspiration ? 

    L’inspiration, se trouve partout autour de nous. La vie elle-même est inspirante. Le déclencheur peut-être un lieu, une personne, une musique, une parole.

     

    Combien de temps mets-tu à écrire un livre ?

    Je n’ai jamais vraiment calculé le temps qu’il me faut, mais en général c’est rapide puisqu’une fois l’idée en tête, je mets à profit la moindre goutte de mon temps pour terminer le roman. Pour donner un ordre d’idée, je dirais qu’en deux mois c’est bouclé. Toutefois après, il faut retravailler le texte, corriger, traquer les incohérences. Bref là c’est plus long.

     

    • Fais-tu beaucoup de recherches pour tes romans ?

    Je suis assez fainéante sur ce point, mais il faut toujours faire un peu de recherche pour rester cohérente. Je consacre quelques heures à ces recherches et essaie de toujours bien les cibler pour y passer le moins de temps possible.

     

    • Écoutes-tu de la musique en écrivant ? 

    Oui, la plus part du temps. Chaque roman à sa playlist qui passe en boucle. Par exemple pour sombres tentations, j’ai usé labande son de la comédie musicale « la légende du roi Arthur » et pour Deux cœurs, une mélodie, j’ai opté pour Sia.

     

    • Quand tu commences à écrire ton histoire, la connais-tu déjà en entier ou bien tu improvises au fur et à mesure ? 

    J’aimerais la connaître en entier, mais cela n’arrive jamais. J’écris au feeling et me laisse porter par les idées. Bien souvent, j’ai le début et la fin, mais pas le milieu.

     

    • Le 2éme et dernier tome, de ta série « Sombres Tentations « est sorti il y a moins d'un mois. Pas trop dur, de laisser tes personnages ?

    Si c’est difficile, surtout avec cette fin. L’idée d’un tome 3 me trotte dans la tête. J’ai envie de faire un livre à part où l’on retrouve quelques-uns de mes personnages, un livre où même si on n’a pas lu les deux autres on arrivera à se plonger dedans. Oui, c’est un peu tordu… Mais je me suis attaché à ces personnages et j’ai envie de poursuivre avec eux encore un peu. 

     

    Interview de Leona Brown

     

    • Peux tu nous parler de l'histoire pour la faire découvrir ?

    L’histoire…

    C’est une romance fantastique où anges et démons se déchirent. Une humaine va découvrir ses origines fantastique et tomber amoureuse d’un démon qui doit la livrer à son maître.

    C’est dur de décrire quelque chose…. Je pense que le mieux c’est de le lire MDR

     

    • Si tu devais résumer Sombres Tentations en 3 mots ?

    Fantastique (dans le sens mystique) Sombres, tentations, (Oui, je sais c’est facile de reprendre les mots du titres, mais à eux seuls ils résument l’atmosphère du roman.)

     

    • Quel est ton personnage préféré et pourquoi ?

    Comme toutes les femmes qui découvriront ce roman, je suis tombée amoureuse d’Azraël qui n’aimerait pas un démon qui abandonne tout pour l’amour.

     

    • Quel est le personnage que tu as eu le plus de mal à écrire et pourquoi ?

    Je n’en ai aucune idée.

     

    • Quels sont tes autres projets ?

    Je viens de finir une romance « Deux cœurs, une mélodie » qui sera publiée fin 2019. Et je reprends l’écriture d’un roman fantastique. J’ai des tas d’autres projets encore, mais je veux me consacrer à ceux déjà entamés.

     

    • Quels sont tes genres de lecture préférés ?

    Je suis plus attiré par l’imaginaire, mais je commence à m’ouvrir à la romance.

     

    • Quel est le dernier livre que tu as acheté ?

    Supplice de L.S.Ange

     

    • Quel est ton ou tes auteur(s) préféré(s) ?

    Je n’en ai pas vraiment.

    Ton portrait chinois en 10 questions : 

      

    Si tu étais… 

     

    Un animal ?  Chat

     

    Une couleur ? Vert

     

    Un film ? Robin des bois

     

    Un livre ? Harry potter

     

    Une sucrerie ? Chocolat

     

    Une personne célèbre ? Je passe, aucune idée

     

    Une fleur ? Un arom

     

    Un de tes personnages ?  Eilenn le personnage de mon nouveau roman fantastique.

     

    Une saison ? Printemps

     

    Une chanson ? J’adore le Diable ne s’habille plus en prada de Soprano. Les mots sont tellement justes.

     

    Un objet ? aucune idée

     

     

    Un dernier mot pour tes lecteurs ?

    Je crée des personnages, je créée des histoires, mais c’est grâce aux lecteurs si elles vivent et perdurent dans le temps. Un simple merci me semble bien peu, mais que dire d’autre… Mille mercis de suivre ma plume.

     

     

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    Interview de Leona BrownInterview de Leona Brown

     


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  • Interview de Eva Giraud

     

    Bonjour Eva et bienvenue chez Lecture-mania

     

    • Pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

    • Bonjour bonjour! Eh bien, je ne sais jamais quoi dire quand on me demande de me présenter. J’ai 29 ans, je suis passionnée par les histoires, curieuse des gens et de leurs petites manies. J’aime écrire, lire, glandouiller au soleil, et les gens de mon quartier ont pris l’habitude de m’appeler « la dame qui vouvoie son chat ». Sinon, il y a une petite présentation sur mon site www.evagiraud.com :-)

    • Depuis quand écris-tu ?

    • Est-ce vraiment une question à poser à un auteur? :-p Honnêtement, je n’en sais rien. Peut-être un peu plus de 20 ans…

    • Combien de temps consacres-tu à l’écriture ?

    • J’y consacrerais tout mon temps si je n’avais pas besoin de travailler pour payer mon loyer et donner des croquettes à Emett Brown. Je ne peux pas écrire aussi souvent et régulièrement que je le voudrais, mais quand je m’y mets, ça peut durer quelques heures avant que mon estomac s’indigne d’avoir été oublié.

    • Quand tu as une idée, prends-tu des notes ?

    • En général, oui, ça peut aller du petit carnet que je trimballe partout au dos de ma main avec un feutre qui traînait par-là. Et quand je n’ai pas de support papier, je m’envoie un texto.

    • Sur quel support écris-tu ? (Ordinateur, cahier…) 

    • L’ordinateur me bloque littéralement. J’ai besoin de papier et d’un stylo pour écrire, du moins s’agissant de la première mouture d’un roman. Ça me permet aussi de me relire et de réécrire quand je retape tout ça sur l’ordinateur.

    • D’où te vient l’inspiration ? 

    • Des gens, des bruits, de mes rêves, des paysages, des odeurs… d’un peu partout, en fait!

    • Combien de temps mets-tu à écrire un livre ?

    Il n’y a pas de durée moyenne. Pour exemple, il m’a fallu à peine dix jours pour écrire « Gamin «  (une centaine de pages), et quatre ans pour écrire les deux premiers tomes de Pickwik (entre 300 et 500 pages). Mais si on écoute ma chère maman, j’écris plus vite que mon ombre (Eh, coucou Maman!)

     

    • Fais-tu beaucoup de recherches pour tes romans ?

    En général j’ai assez (trop) d’imagination pour me permettre de préférer rester dans la création totale. Mais il m’est déjà arrivé de regarder combien de temps peut vivre un blaireau, combien de fois une coccinelle peut faire crac-crac ou vérifier à partir de combien de kilos un chat est considéré comme obèse. L’important, c’est que ça reste crédible et cohérent!

     

    • Écoutes-tu de la musique en écrivant ? 

    J’en ai beaucoup écouté quand j’ai écrit Pickwik, du moins pour le premier tome. Chopin et Yann Tiersen ont tourné en boucle pendant un bon moment. Et pour d’autres romans, comme Nos Folies Ordinaires, c’était plutôt silence total et crise de nerfs quand la voisine regardait The Voice un peu trop fort.

     

    Interview de Eva Giraud

     

    • Quand tu commences à écrire ton histoire, la connais-tu déjà en entier ou bien tu improvises au fur et à mesure ? 

    Il peut m’arriver d’improviser sur les première pages, mais à la fin du premier chapitre, je sais toujours où je vais. Même si c’est flou, je le sais. Sans ça, une histoire n’a ni queue ni tête et, pour moi, ça reviendrait à prendre le lecteur pour un con (j’aurais pu dire nouille pour rester polie, mais être poli, c’est chiant).

     

    • D’où t'es venu l'idée d'écrire ton roman jeunesse « Pickwick » ?

    C’est d’abord parti du marronnier du voisin qui me narguait matin et soir en passant devant ma fenêtre. Et puis j’ai vu que mes personnages étaient complètement fous, alors j’ai décidé de m’inspirer du village où j’ai passé tous mes étés pour donner vie à leurs relations. Et pour finir, je me suis demandé : « Et si on pouvait vivre dans un endroit où où tout le monde a le droit d’être fou sans que ça gêne personne? ». C’est là que tout a pris forme, sans que je m’en rende compte.

     

    • Peux tu nous parler de l'histoire ?

    Pickwik? Heu… je n’ai jamais su parler de mes romans. C’est un peu comme me demander de quelle couleur est ma culotte, c’est intime et je suis pudique (bleue, avec des fleurs oranges). Mais allons-y, je vais essayer : c’est l’histoire d’un jeune couple qui emménage à Pickwik, en se disant que là au moins, c’est un village tranquille dans lequel on peut vivre plus sereinement qu’en ville. Et plus on tourne les pages, plus on se rend compte que les voisins et habitants ont tous un grain de folie douce. C’est le maire qui se prend pour un pirate quand il est trop stressé, c’est le voisin qui passe sa vie à inventer des trucs complètement inutiles et à négocier avec son nain de jardin qui ne parle que l’Italien (un problème dans le réglage du disque dur au moment de sa conception)… C’est aussi la tenancière du seul café de Pickwik qui refuse de servir les clients s’ils n’ont pas les orteils couverts, un petit facteur un peu simplet qui promène son couple de limaces dans son chapeau en ciré jaune, un Club qui se réunit deux fois par semaine pour fumer la pipe et chercher une coccinelle en pierres précieuses dont on n’a jamais prouvé l’existence… En fait Pickwik, c’est bien sûr une histoire avec un fil conducteur, mais c’est aussi une galerie de personnages humains, hauts en couleurs, avec leurs failles, leurs doutes et leurs lubies. Et finalement, pour notre jeune couple, Geneviève et David, c’est un peu d’humanité qui leur permet de devenir eux-mêmes : David prend l’habitude de scotcher les feuilles mortes aux arbres pour ne pas laisser passer l’automne, et Geneviève continue à se battre avec son chat Peggy, persuadée qu’il passe ses journées à comploter dans le seul but de lui pourrir la vie. C’est un peu mon village idéal, où j’aurais été heureuse de pouvoir habiter.

     

    • Si tu devais décrire ton roman en 3 mots ?

    Loufoque. Humain. Coloré.

     

    • 3 tomes sont actuellement sortis, d'autre sont-il prévu ?

    Ah, l’éternelle question ! Au début, il ne devait y en avoir que deux. Et puis plusieurs lecteurs m’ont dit qu’ils avaient besoin de leur drogue pickwikaise pour passer l’hiver, alors j’ai écrit le troisième en promettant que c’était le dernier. Et puis l’année dernière, j’ai commencé à écrire un roman qui n’avait rien à voir… pour me rendre compte que finalement, c’était exactement comme ça que je voyais les débuts de Pickwik. Donc, il y en aura un quatrième, mais qui n’est pas une suite : c’est la genèse, en quelque sorte… Il sera donc question de remonter le temps, pour comprendre d’où sort ce village qui n’est sur aucune carte de la planète.

     

    • Tu as également d'autres livres à ton actif . « Les amants d'Henriette », « Nos folies ordinaires », « Et si on se prostituait ? », « Gamin ». Peux tu nous les faire découvrir ?

    C’est sûrement redondant, comme explication, mais c’est l’histoire des gens, et de la relation qu’ils peuvent avoir aux autres. Par exemple, Gamin, c’est un jeune homme et une vieille bique un peu aigrie qui ne sont pas du même monde, mais qui se croisent et s’apprivoisent. Des gens un peu cassés, si on peut dire. Des gens qui n’étaient pas sensés s’apprendre.

    Henriette, ça parle d’une maison de retraite un peu cossue et de ses résidents : il me tenait à cœur de décrire des personnes et pas seulement des petits vieux. C’est parti de la chanson « Henriette » de Giedré. C’est pas parce qu’on est vieux dans un corps usé qu’on a pas le droit d’aimer, de rire, et de faire des conneries.

     

    Nos Folies Ordinaires, c’est l’histoire d’un certain Jean, qui a été élevé dans le but de « devenir quelqu’un ». Sous-entendu d’avoir une carrière importante et qui rapporte. Mais devenir quelqu’un, pour moi, c’est devenir soi-même. Et c’est déjà pas si simple. Alors Jean, il va tout simplement péter un plomb et commencer à parler avec ses voisins, dont il ne s’approchait pas trop jusque là parce qu’ils étaient un peu trop loin du monde tout lisse et bien construit qu’il connaissait. Il va donc se lier d’amitié avec Bébert, Mika et tous les autres, et il va apprendre s’en foutre, tout simplement : ce n’est pas grave, de ne pas faire carrière, de ne pas porter de chaussures, de se coucher un peu plus tard que d’habitude et de parler à des artistes habillés comme s’ils allaient au carnaval. Ce n’est pas grave d’être un vieux costaud féministes et brailleur, ou de payer son loyer en s’effeuillant, en rêvant de devenir danseuse. Non, ce n’est pas grave, et c’est justement en évoluant avec eux, les artistes, les anarchistes et les « laissés pour compte », qu’il apprendra à vivre sans avoir peur des autres et de ses envies. Assumer sa folie, ça s’apprend, et c’est nécessaire.

     

    Concernant Et si on se prostituait, plus communément appelé « Pupute « , c’est le seul livre dont je ne parle quasiment jamais. C’est une sorte d’outsider, un livre qui n’est pas un roman mais un témoignage. Un petit coup de gueule d’un jour, écrit un dimanche après-midi, d’une traite, et qui dit en somme que j’en ai ma claque d’être considérée comme une paria fainéante et profiteuse parce que je ne trouve pas de travail dans ma branche. Alors non, ça ne parle pas de prostitution (je n’ai pas eu la malchance d’avoir à recourir à ce genre d’activités), et c’est traité comme toujours avec humour. Parce que je ne sais pas écrire sur un sujet lourd, triste et problématique sans humour. Littéralement, je ne sais pas. Peut-être parce que pour moi, un éclat de rire c’est un morceau d’espoir. Sans ça, on serait tous sous Lexomil… Disons pour résumer que ce petit coup de gueule m’a fait du bien et a permis à certaines personnes de se rendre compte que pour notre génération, c’est beaucoup plus compliqué d’avoir un travail régulier et une carrière solide. Ca prouve aussi que, pour beaucoup de personnes de mon âge, la position sociale ne fait pas forcément le bonheur. Le tout, c’est de faire de son mieux, et c’est déjà beaucoup.

     

    • Quel est le personnage de tes romans préféré et pourquoi ?

    Ça dépend des jours. Parfois c’est Jean (Nos Folies Ordinaires) parce qu’il faut du courage pour dire merde à des décennies de tradition familiale. Certains jours c’est Peggy (Pickwik) : oui, c’est un chat, mais c’est aussi un personnage à part entière qui fait preuve d’une ténacité sans égale. D’ailleurs je me suis rendue compte il y a peu qu’il y a toujours un chat dans mes romans. Toujours.

    D’autres fois encore, c’est tour à tour Sam, pour ses inventions et ses envies grotesques, David, parce qu’un de ces jours, je finirai par scotcher les feuilles tombées au pied d’un arbre pour retenir l’automne et ses couleurs monumentales. Mais c’est aussi Albertine pour son caractère un peu trop bien trempé et sa phobie des orteils, ou Mimi, pour sa gentillesse innocente, ou bien encore le petit Thomas, parce qu’on a tous envie de rester collé au panneau d’entrée de notre Pickwik, en espérant que rien ne vienne changer nos souvenirs d’enfance. En fait, je crois que je suis un peu tous ces gens-là à la fois, parce que bien sûr, ils ont tous un peu de moi. Et puis, à force, c’est devenu mes meilleurs copains!

     

    • Quel est le personnage que tu as eu le plus de mal à écrire et pourquoi ?

    Fichtre, ma chère Nanou, tu m’en poses, de ces questions difficiles ! Je dirais que c’est Jenny (Geneviève, dans Pickwik). C’est pourtant le personnage principal (du moins au début, puisque c’est avec elle et son mari David qu’on débarque à Pickwik). Je ne saurais pas vraiment te dire pourquoi. Peut-être parce qu’elle est un peu plus réfractaire à la tolérance envers les autres. Même si ce n’est qu’une surface, elle fonctionne comme une pomme d’amour : molle dedans et dure autour. J’ai parfois eu du mal à faire tomber les barrières de son cynisme à toute épreuve.

     

    • Quels sont tes autres projets ?

    Déjà, il y a le quatrième tome de Pickwik. Ensuite, il y a mon prochain roman, en cours de réécriture, qui doit sortir en janvier 2019 chez Lily’s Editions, Octave (titre provisoire). Et il y a aussi mon association, Particules, qui a pour marraine Amélie Nothomb et que j’ai co-fondée en 2014. J’en avais marre d’enchaîner les bullshits jobs mal payés, alors j’ai décidé de créer mon propre emploi. Aujourd’hui, Particules emploie une dizaine d’artistes-formateurs qui donnent des cours dans leurs domaines respectifs : écriture, théâtre, vidéo, arts plastiques, musique. On propose aussi aux auteurs et artistes amateurs (ou pas, d’ailleurs), de valoriser leur travail en leur créant un site internet, en les aidant à écrire une pièce, etc. Le but, c’était de contrer les réflexions du genre : « t’es un artiste, tu aimes ce que tu fais, alors tu peux le faire gratuitement ». Parce que, mon bon monsieur, même les artistes ont besoin de manger, de temps en temps ! Alors c’est énormément de temps et d’énergie, pour l’heure beaucoup de travail pas toujours payé à hauteur, mais ça vaut le coup, et j’y tiens beaucoup. Au moins, je fais quelque chose qui me plaît, et je permets aux autres de faire de même, grâce à mon association. D’ailleurs si tu veux aller voir ce qu’on fait, c’est par ici : www.assoparticules.com

     

    • Quels sont tes genres de lecture préférés ?

    Préférés? Harry Potter, Les liaisons dangereuses, Du côté de Chez Swann… En fait, tout ce qui me tombe sous la main et qui m’intéresse ou me touche un peu : ça va de La criminologie pour les nuls à Amélie Nothomb, en passant par Daniel Keyes et Olivier Bourdeault.

     

    • Quel est le dernier livre que tu as acheté ?

    Ça remonte à trois ans, parce que j’ai découvert un endroit formidable qu’on appelle bibliothèque, et c’était Miss Pérégrine et les enfants particuliers, de Ranson Riggs.

     

    Interview de Eva Giraud

     

    • Quel est ton ou tes auteur(s) préféré(s) ?

    Daniel Keyes, Amélie Nothomb, Proust, Diderot, Maupassant, JK Rowling, Melville. Et tellement d’autres…

     

    Ton portrait chinois en 10 questions : 

      

    Si tu étais… 

     

    Un animal ?  Un chat-ccinelle

     

    Une couleur ? C’est pas sympa de me demander de faire un choix! Toutes les couleurs de l’arc-en-ciel en même temps. 

     

    Un film ?  Un film avec Robin Williams. Ce mec était génial.

     

    Un livre ? Un livre magique avec tous les mots du monde.

     

    Une sucrerie ?  Ce serait pas bon pour mes écarts de glycémie.

     

    Une personne célèbre ?  Maggie Smith. Cette femme est splendide.

     

    Une fleur ?  Pas une fleur. Un bouquet de fleur des champs.

     

    Un de tes personnages ?  Tous à la foi.

    C’est trop facile? Bon, allez… Samuel de Grimwald.

     

    Une saison ? L’été. J’aime avoir chaud.

    L’automne et le printemps. J’aime aussi les entre-deux.

    L’hiver, parce que le froid m’oblige à rester sous la couette avec un thé et Emett Brown.

     

    Une chanson ?  Che sera sera, de Doris Day.

     

     

    Un objet ?  Une baguette magique.

     

     

    Un dernier mot pour tes lecteurs ?

     

    Déjà, un petit mot pour toi, Nanou : merci pour tes questions (in)discrètes et difficiles, elles m’ont donné envie de me remettre à Pickwik.

    Pour mes lecteurs ; merci d’être là. Continuez à me demander si je me drogue avant d’écrire, merci de faire quatre heures de route pour m’apporter des réserves exponentielles de nougats et schokobons, merci pour vos petits mots et vos photos de nains de jardins tous plus bizarres les uns que les autres, et surtout, merci de me permettre de rester moi-même : rarement sérieuse dans les conversations, moqueuse dans mes statuts Facebook, curieuse de vos vies et enchantée de vous avoir, vous, depuis plus de six ans. C’est aussi grâce à vous que mon envie d’écrire ne s’éteint pas.

     

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  • Secret McQueen, tome 1 : Secret débarque

    Auteur : Sierra Dean

    Editeur : Alter Real

    Format numérique

    249 pages

    Sortie : 4 mai 2018

     

    Résumé :

    Secret Mc Queen trouve que sa vie a des allures de mauvaise blague. Abandonnée à la naissance par une mère loup-garou, embauchée à l’adolescence par le conseil des vampires de New York pour tuer des hors-la-loi, Secret est à cheval entre ces deux univers sans réellement appartenir à aucun des deux. À vingt-deux ans, elle s’est forgée une vie aussi normale que possible pour une tueuse à gage.

    Quand un de ses vieux ennemis ressurgit de son passé avec la ferme intention de la tuer, elle n’a plus le choix : elle doit puiser dans les ressources de son double héritage pour sauver sa peau et celle des habitants de sa ville, le seul endroit où elle se sent chez elle. Et comme si ça ne suffisait pas, il lui faut aussi gérer Lucas Rain, le Roi des loups-garous de la Côte Est, qui semble penser qu’ils sont destinés l’un à l’autre. Dommage que Secret se sente aussi attirée par Desmond, le bras droit de Lucas...

    Avertissement : ce livre parle d’une tueuse à gage sarcastique qui déchire, d’un triangle amoureux avec deux loups-garous sexy, d’un conseil de vampires exigeant, le tout dans un mélange épicé de sexe et de violence.

     

    Avis de Mely :

    Difficile pour moi de ne pas me jeter sur un Urban Fantasy alors que les titres se font tellement rares en France avec l’arrête de certaines collections. Donc quand j’ai vu ce titre, je me suis jetée dessus.

    On retrouve tous les bons ingrédients d’un UF avec une héroïne qui ne se laisse pas vraiment faire et qui attire les ennuis comme un aimant, avec un passé familial compliqué, ajouté à ça, une intrigue prenante dès les premières pages et qui reste captivante jusqu’au bout avec des moments de mystère et des secrets qui plantent leurs griffes en nous pour nous obliger à lire jusqu’à la fin, et pour finir, des personnages divers et variés qui entourent une héroïne un peu attachante et qui sont tous intéressants d’une certaine façon.

    Une chose que j’ai appréciée aussi, et c’est une chose que j’ai peu vue dans l’UF en général et d’autres histoires fantastiques, c’est l’absence de tension entre les vampires et les loups-garous. En effet, les discordes sont plus internes qu’externes et cela change vraiment de ce que j’ai pu lire avant. Ça fait du bien de voir ce genre de changement.

    Malheureusement, mais ce n’est que mon avis, tout n’est pas positif. Je n’ai pas franchement adhéré à la romance et j’ai trouvé qu’elle était trop présente pour de l’Urban Fantasy. Par moment, on aurait dit de la romance paranormale que de l’UF (mais c’est ma définition de l’UF !) Je savais qu’il y avait un triangle, le résumé l’annonçant clairement, mais les explications me semblent trop simples, « bateau » pour vraiment y croire et la réaction de Secret m’a laissée dubitative. Et avec les informations apprises dans le tome 1, j’ai quelques inquiétudes pour la suite.

    Malgré ce gros point négatif pour moi, j’ai passé un très bon moment de lecture. Les pages ont défilé tant je voulais connaître la fin. Et j’en parle de cette fin ? Je n’ai qu’une chose à dire, vivement le tome 2 (oui, je laisse sa chance au tome deux pour me faire vraiment une opinion sur cette série.)

    Pour les fans d’UF et qui aiment la présence de la romance, je pense que cette série est faite pour vous.

     

    (Booktour) Secret McQueen, tome 1 : Secret débarque

    Pour fêter l'arrivée de Secret en France, Between dreams and reality organise un concours pour remporter 3 ebooks. Pour participer, rien de plus simple, il suffit de vous rendre sur le lien ci-dessous et de suivre les indications postées ;) 

    Bonne chance à tous !

    Concours

     

    (Booktour) Secret McQueen, tome 1 : Secret débarque

     

    Si vous hésitez à vous lancer, voici le chapitre un : 

    Dans les heures hostiles qui précédaient l’aube, une brume épaisse et humide s’était posée au-dessus des pelouses verdoyantes de Central Park. Une lune déclinante surplombait la ville tel le sourire énigmatique du chat du Cheshire. L’air printanier était assez froid pour qu’un souffle se transforme en un nuage éphémère. En suivant ces nuages avant qu’ils ne disparaissent, on pouvait retracer le parcours d’un promeneur dans la nuit noire, à travers le parc.

    Le long de la célèbre Grande Pelouse, à l’intérieur de la forêt anguleuse, face à une rangée d’immeubles brillants, décor lumineux qui se détachait du paysage sombre, on pouvait voir ces nuages saccadés se déplacer précipitamment entre les branches déployées et encore dépourvues de feuilles. À quelques centimètres de ces traînées brumeuses, une jeune femme courait comme si sa vie en dépendait.

    Je n’étais pas la femme en question, mais je courais aussi.

    Comme une idiote, j’avais cru pouvoir faire une jolie ballade, tranquille dans Central Park, pour profiter du calme qui régnait avant l’aube, chose presque impossible dans une ville comme New York. D’habitude, les seuls moments de répit que je m’accordais étaient lorsque ma douche me fournissait un minimum de solitude. Et même dans ces moments-là, la tuyauterie de l’immeuble grinçait à chaque utilisation. La douche n’était silencieuse que lorsque l’eau était froide.

    Cette nuit-là, j’avais voulu être seule dans la pénombre avant de glisser dans mon sommeil matinal habituel, mais c’était trop espérer dans une ville qui ne dormait jamais. Même si, pour moi, une nuit calme signifiait généralement me faire agresser par un sale type ou mener la vie dure à des drogués qui essayaient d’effrayer des lycéennes rebelles, j’aurais encore préféré ça à ce que j’étais obligée de faire en ce moment.

    Malheureusement pour moi, et plus encore pour la fille après qui je courais, elle était poursuivie par une chose qui n’était ni amicale ni même humaine.

    Elle aurait eu beau fuir à toute vitesse, les vagues de peur qui émanaient d’elle étaient si fortes que la créature qui la traquait aurait pu la retrouver n’importe où. La peur avait une odeur écœurante, pas vraiment sucrée, plutôt une odeur de vieux clou de girofle et de cuivre. Je le savais parce que je pouvais la sentir, moi aussi. Et cette odeur me provoquait des frissons qui se propageaient jusque dans ma colonne vertébrale. En moi, il y avait un prédateur qui comprenait ce que son agresseur ressentait en la traquant, une part primitive qui reconnaissait ce désir de fondre, victorieuse, sur une proie terrifiée.

    Je pouvais le sentir, lui aussi, et je pouvais à présent déterminer avec certitude qu’il s’agissait d’un mâle. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’était un homme, car il ne restait plus rien de ce qu’il avait été autrefois. Il avait l’apparence d’un être humain, mais sous ce costume de chair se trouvait quelque chose de monstrueux.

    Je ne sentais que sa faim irrépressible. La fille n’avait pas eu le temps de s’inquiéter : une terreur foudroyante et sauvage l’avait submergée quand il l’avait prise en chasse brusquement. C’était sa peur soudaine qui m’avait attirée. J’étais là parce que la fille était très humaine et très vulnérable, et qu’il l’avait attaquée par surprise, ce qui était contraire aux règles.

    Même si cette chose était sans l’ombre d’un doute morte, je savais que si je n’étais pas plus rapide que lui, la fille gonflerait bientôt leurs rangs. Et une fois qu’elle serait des leurs, cette infraction aux lois qui régissaient les vampires de ce monde deviendrait de toute façon mon affaire. Intervenir maintenant nous ferait donc gagner du temps, à moi et à quelques vampires bureaucrates.

    Au point où j’en étais, je me serais dit n’importe quoi pour justifier cette poursuite.

    La fille sortit de la forêt et piqua un sprint en boitant à travers la Grande Pelouse. C’est à ce moment-là que je me rendis compte que j’avais dépassé l’agresseur. Je continuai à les suivre à travers les bois, espérant que sa faim le distrairait assez pour qu’il ne s’aperçoive pas que je m’étais invitée à sa partie de chasse. L’odeur de sang dans l’air m’apprit qu’elle s’était blessée pendant sa fuite.

    Elle clopinait à travers la pelouse, car elle avait cassé le talon d’un de ses escarpins et l’autre, attaché à sa cheville uniquement par la lanière, traînait derrière elle. Elle sanglotait, étouffait ses cris, et une part de moi se nourrissait de ces bruits avec un plaisir profond. Une faim animale me poussait à être la première à l’attraper, pour pouvoir la déchiqueter et la mettre en lambeaux.

    Mais je ne pouvais pas. Je n’avais jamais tué un être humain, du moins pas un être humain au sang pur, et je n’allais pas commencer cette nuit-là. Je n’étais pas une machine à tuer comme lui. J’étais tout autre chose. Il était encore plus difficile de croire à l’existence d’un être tel que moi, que de croire à celle des vampires. Ma nature me permettait malgré tout de conserver assez d’illusions sur l’humanité pour considérer que tuer des gens, du moins des gens qui ne l’avaient pas mérité, était mal.

    C’était maintenant ou jamais et je la suivis hors de la forêt, en accélérant. Sans essayer d’éviter les doigts habiles des branches rendus plus tranchants par les orages d’hiver, je fus violemment fouettée au visage, mais je continuai ma course. Je courus jusqu’à ce que chaque muscle de mon corps brûle et hurle de douleur, puis, je pressai davantage l’allure. Si j’avais été humaine, je me serais écroulée, j’aurais vomi sur l’herbe et je serais restée là, allongée pendant une heure, exténuée. Mais je n’étais pas humaine et j’étais capable de finir un marathon en conservant cette allure.

    Il me fallut à peine une seconde pour la rattraper, une seconde qui me parut une éternité. Il était à découvert maintenant, il était à nos trousses. Je courus encore. Je continuai ma course jusqu’à arriver à sa hauteur et l’agrippai fermement par le bras pour l’entraîner derrière moi sans ralentir. Elle cria et essaya de se débattre, me prenant pour son véritable agresseur. Alors qu’elle enfonçait ses ongles dans ma peau avec une force surprenante pour une fille aussi menue, je réalisai qu’il n’y avait qu’un seul moyen de nous en sortir tout en la gardant en vie.

    J’arrêtai de courir et la giflai violemment. Sidérée, elle ne prononça pas un mot, et on s’observa un moment.

    Cette fille ressemblait beaucoup à ce que j’aurais été si j’avais eu une vie normale. Elle était mince et petite, avec des cheveux blonds. Mais, contrairement à moi, le bronzage de sa peau n’était pas naturel, elle le devait sûrement aux heures passées dans un cercueil de lumière ultra-violette. Elle portait également plus de maquillage que je n’aurais jamais pensé en posséder.

    — Tu dois m’écouter attentivement maintenant. 

    Il approchait, et vite. Je n’avais plus que quelques secondes devant moi.

    — Je peux te sauver. Je peux te garder en vie. 

    La terreur s’effaça de son visage et fut remplacée par une émotion plus terrifiante encore : l’espoir. Je lui en avais dit assez pour qu’elle comprenne que je voulais vraiment l’aider. Et tandis qu’elle commençait à intégrer ce que je lui disais, sa prise se resserra sur mon poignet. Elle me suppliait de ses yeux grand ouverts embués de larmes. L’espoir naïf que j’y lisais me noua les tripes. Garder en vie cette version mondaine et inadaptée de moi-même était devenu ma responsabilité.

    — Mais j’ai besoin que tu restes à l’écart.

    J’essayai de desserrer sa prise, elle ne se laissa pas faire. Je pouvais le voir à présent, une forme floue vibrante de rage et d’énergie qui fonçait droit sur nous.

    —  Lâche-moi si tu veux vivre ! Lâche. Moi. 

    Je l’écartais avec un peu trop de vigueur. Elle trébucha et s’effondra sur le sol, mais elle sembla au moins capter ce que je disais.

    —  Maintenant, cours aussi vite que tu peux !

    Elle recula en rampant et se releva. Après m’avoir lancé un dernier regard désespéré, elle se remit à courir, et j’eus tout juste le temps de me retourner avant d’être percutée violemment par un vampire qui me chargeait à pleine vitesse.


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  • Au bout de mes rêves

    Auteur : Marie Meyer

    Editeur : éditions Déliées

    Format papier

    356 pages

    Sortie : 24 mai 2018

     

    Résumé :

    Oser aimer de nouveau quand on a été malmené par la vie, faire confiance quand on a déjà été trahi. Le doute, les peurs bien ancrées, les incertitudes de l'avenir... Et puis une plage, des enfants, un chien, un homme solitaire et fascinant.
    Il y a quelques années, Samantha et Benjamin ne se seraient pas regardés ; aujourd'hui, la vie leur fait le cadeau de se rencontrer.
    Faire le pari de l'amour, de tout changer, de tout reconstruire. Oser une renaissance pleine de rires, d'espoir, d'émotions.

     

    Avis de Mely :

    Ce qui m’a fait craquer pour cette lecture, c’est son thème que l’on retrouve rarement dans les romances qui sortent de nos jours, les thèmes abordés et le sujet qui est pourtant un sujet actuel et très sensible. Mais de quoi parle exactement cette histoire ?

    Samantha est une maman de trente-neuf ans, veuve et qui élève ses deux enfants, tous les deux adolescents. Trois ans plus tôt, son mari, Marc, s’est tué lors d’un accident de moto, les laissant tous les trois seuls. Depuis, Sam essaye de se reconstruire et de rester forte pour ses enfants. Mais voilà que son patron lui annonce une terrible nouvelle et qu’elle va devoir rapidement chercher un autre boulot si elle veut pouvoir continuer de faire vivre sa famille. Lors d’une sortie pour visiter un refuge pour chiens, elle ne s’attendait pas à trouver aussitôt un nouvel emploi et à être troublée par le propriétaire du refuge, Ben.

    Une romance toute simple vous me direz, mais il s’agit de bien plus ici. Ce que les enfants de Sam ignorent, c’est que cette dernière a subi énormément de choses sous l’emprise de son défunt mari. Même après toutes ces années, le harcèlement moral a laissé de nombreuses traces et les démons sont toujours là pour la tourmenter.

    Comment apprendre de nouveau à s’aimer et à s’ouvrir après tout ce qu’elle a subi ? Comment se reconstruire et avoir de nouveau confiance quand un être cher vous a tellement rabaissé, si ce n’est, vous humilier avec des petites remarques à droite et à gauche ? Comment expliquer à ses enfants que ce n’est pas de sa faute s’ils ne peuvent pas avoir un chien alors qu’elle les aime beaucoup ?

    Grâce à la jolie plume de l’auteure, nous apprenons à connaître Samantha et ses enfants, ce qu’elle doit gérer pour assurer le bien-être et le bonheur de sa famille. Les informations arrivent au compte-gouttes, l’histoire prend son temps pour se mettre en place, rien n’arrive trop vite, la romance se développe tout doucement et j’ai pris grand plaisir à la savourer. Les personnages apprennent à se connaître, à découvrir le passé et les secrets des autres. On suit progressivement la lutte de Sam pour reprendre confiance en elle et réapprendre à vivre enfin pour elle.

    Dans cette romance, on se rend compte que nous ne connaissons pas assez l’impact du harcèlement moral dans un couple. Il est très facile de donner des conseils à une personne touchée, mais nous ne comprenons pas vraiment ce qu’elle vit et pourquoi elle décide de rester et de continuer de subir les attaques perpétuelles de son ou conjoint(e). L’auteure nous permet d’entrevoir réellement l’impact du harcèlement et de comprendre les raisons de rester auprès d’un compagnon qui fait tout pour humilier quelqu’un. J’ai apprécié de voir le chemin qu’entreprend Sam pour guérir qui se fait doucement, par étape.

    Malgré quelques longueurs au milieu du roman (ce n’est que mon impression), j’ai apprécié cette lecture, le fait que le soutien de sa famille et l’amour d’un homme ont permis à Samantha de retrouver la confiance qu’elle avait bien avant sa rencontre avec Marc. Cette histoire m’a fait passer de bons moments, mais m’a rendu également triste en constatant à quel point le harcèlement pouvait impacter une personne et sa famille. J’ai été saisie d’incompréhension, me demandant comment un homme pouvait se comporter de la sorte (mais cela restera toujours un mystère.)

    Je remercie grandement Carole et les éditions Déliées pour ce service presse et cette jolie découverte.


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