• Extrait : Tome 4 : Je te reconstruirai de la saga Covent Garden de Lily Lefébure

     

    Prologue :
     
     
    Gina.
     
    Je ne bouge plus, trop usée par ses coups, par sa sauvagerie. Plus de vingt-quatre heures sont passées depuis mon enlèvement, et j’ai l’impression que je suis là depuis une éternité. Au début, je me suis débattue, hors de question de me laisser faire. Je l’ai griffé à l’œil et lui ai donné quelques coups de genoux bien placés. Mais ma courte rébellion ne lui a pas plu et j’ai réveillé la bête féroce tapie en lui. Il n’est ni grand, ni musclé, mais assez trapu avec de la force dans les bras et les jambes.
    Il m’a tabassée les deux premières fois et m’a violée alors que j’étais semi-consciente. Alors les autres fois, trois en tout, je me suis laissé faire, l’avantage est qu’il fini vite.
    Mais maintenant que je suis seule, depuis presque une heure maintenant, je me demande si je ne ferais pas mieux de crever sous ses coups plutôt que de faire subir à mon corps d’autres humiliations.
    Mais, comme à chaque fois que je pense à la mort, le visage de ma poupée s’impose à moi et je sais que je dois me battre pour la revoir. Elle n’a déjà pas de père présent, alors hors de question qu’elle grandisse sans sa mère. Même si la folie me guette à mon retour. Mais rien qu’à l’idée de la perdre, j’ai envie de vomir Alors je vais continuer de subir, jusqu’à ce que mon frère vienne, car je sais qu’il viendra.
    J’essaie de me tourner, car un hématome dans le dos me fait mal, mais le moindre mouvement est une torture. J’ai des douleurs dans des muscles dont j’ignorais l’existence jusque maintenant. L’odeur fétide d’un mélange de sueur, de sperme et de poussière me remonte dans le nez et me donne la gerbe. Alors je vomis à nouveau mes tripes à côté du futon qui me sert de lit. Je ne sais pas comment je vais faire pour continuer le combat, j’ai faim, j’ai soif, je n’ai plus rien sur l’estomac à force de vomir et mes forces physiques étaient grandement amoindries.
    La porte s’ouvre et je n’ai pas besoin de me tourner pour savoir que c’est lui. Mon répit n’aura été que de courte durée. Je sais qu’il n’ai pas bien vieux, entre vingt-cinq et trente ans, mais comment fait-il pour être autant en forme ?
     
    – Salut ma jolie !
     
    Sa voix est nasillarde et rocailleuse à la fois et elle me prend aux tripes à chaque fois. Mais pas de la même manière que le ferait la voix d’un amoureux ou d’un amant classique, non, celle-ci me donne la nausée ;
     
    – Nous l’aurais-tu trop usée Paulo ?
     
    Cette voix en revanche, je ne l’ai entendu qu’une seule fois. Erin, la sœur de Natasha
     
    – C’est qu’elle est bonne. Un peu coriace au début, mais elle a vite compris où était sa place.
    – Bien, elle ne verra donc pas trop d’inconvénients à ce que l’on joue tous les deux avec elle.
     
    Un frisson d’horreur me parcours, ils ne m’auront donc rien épargné. Je garde une fois de plus le silence et ne bouge pas, à quoi cela servirait de toute façon ? En les sentant s’approcher de moi, je me demande quand mon cauchemar prendra fin.
     
     
    *
    *   *
     
    Je me redresse, trempée par la sueur, la gorge nouée et l’estomac au bord des lèvres. Cela faisait un moment que je n’avais pas fait de cauchemar concernant ma captivité.
    Les récents événements ayant fait remonter pas mal de mauvais souvenirs, je suppose que mon subconscient fait le rapprochement.
    Heureusement que ma fille a le sommeil lourd, je m’en voudrai de la réveiller et de la mêler à mes tourments. Je fais en sorte depuis trois ans de la préserver, mais elle grandit vite et comprend beaucoup plus de choses que je ne le pensais.
    J’ai essayé au début, j’ai essayé de toutes mes forces, mais les cauchemars, les rendez-vous avec le psy à qui je plaisais apparemment et qui me mettait mal à l’aise, mon divorce… Tout cela à fait que je suis tombée dans un gouffre sans fond. Rien ne m’a vraiment aidé et maintenant, j’ai beaucoup de mal à m’en relever.
    Je puise dans mes dernières ressources, auprès de ma fille, ma famille qui s’agrandit avec Eli, Cam et leur petite merveille. Mon petit frère est papa. Et aujourd’hui je puise un peu de forces dans mon nouveau travail.
    J’aime ce que je fais, travailler avec les enfants est un vrai bonheur. Ils sont une bouffée d’oxygène et d’innocence dans mon monde tourmenté.
    Alors je vais persister à survivre dans cette vie, pour les miens, et parce que le lieutenant Joshua Garrison a risqué la sienne pour me sauver. C’était il y a deux jours et je ne suis pas allée le remercier. Je vais m’y mettre demain, mais avant, je vais aller nettoyer mon corps de toute cette crasse qui me recouvre perpétuellement depuis trois ans.  

     

    Extrait : Tome 4 : Je te reconstruirai de la saga Covent Garden de Lily Lefébure

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    ebook et papier. 

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