• Extrait : Le réveil de Morphée ( Dyptique Camille Martin -2) de Aloïsia Nidhead

    Chapitre 1

    Cher journal

    Allongée sur son lit, Camille repoussa une mèche qui lui tombait devant les yeux, l’empêchant de noircir les pages de son journal. Elle n’avait pas eu le cœur à aller en cours ce matin. Au lieu de ça, elle avait pris son vélo pour se rendre chez tante Merry. Elle avait ressenti le besoin de se retrouver dans cet endroit familier, entourée par les bibelots poussiéreux. Qui allait prendre soin de son naós désormais ? Car elle en était persuadée : tante Merry ne se réveillerait jamais de son coma.

    La jeune fille devrait se résoudre à dire adieu à son corps endormi pour l’éternité. Camille avait pris conscience, au moment où elle avait tourné dans la rue de sa grand-tante, qu’elle n’avait pas les clés. Elle avait pesté contre sa négligence et avait accéléré. Il lui avait semblé se souvenir de l’endroit où Merrilyn en cachait un trousseau.

    Le soir de la fête d’automne, la vieille dame l’avait dissimulé sous un pot de géraniums. Pourvu qu’il s’y trouve encore, avait alors pensé l’adolescente. Après le coma de Merrylin et la disparition de sa mère, Camille se devait d’en apprendre plus sur son héritage. Ce rêve qu’elle avait vécu, celui où Merrylin avait été agressée, la hantait continuellement. Elle rédigeait ses pensées et ses interrogations sur son cahier.

    Cher journal,

    Je n’ai pas écrit depuis un moment, les derniers événements ne m’en ont pas laissé le temps. Je n’ai pas envie de remettre les pieds au lycée pour l’instant, mais pourtant je sais qu’il le faudra bien, sinon je risque d’attirer l’attention. Avec la disparition de maman, ce n’est vraiment pas l’idéal. Déjà que lorsque je suis revenue à l’école après « l’accident », tous ceux qui étaient présents à la fête d’automne sont venus poser des questions. Il n’y en a pas beaucoup qui ont tenté de m’apporter un peu de réconfort. J’avais surtout envie d’être seule à ce moment-là.

    J’ai préféré éviter les interrogations sur ce que je ressentais, parce que ça me donnait l’impression de devoir surmonter un deuil qui n’existe pas réellement. Pour eux, Merrylin a eu une attaque, elle est dans le coma. Mais comment leur expliquer que je l’ai vue mourir dans mes rêves, et que de ce coma, elle ne réveillera probablement jamais ?

    Alors, qu’est-ce que je vais dire si l’on vient me parler de maman ? Pour l’instant, personne n’est au courant. Célestia a bien géré au niveau de ses employeurs. Elle leur a dit que maman avait la grippe et qu’elle devait garder le lit une dizaine de jours. Mais si ça s’éternise, qu’est-ce qu’on va bien pouvoir trouver comme excuse ? Oh ! Je ne t’ai pas dit que Célestia m’a autorisée à dormir à la maison. Selon elle, ça paraîtra moins suspect si les voisins voient un peu de lumière et des allées et venues. Je vais juste manger chez les Delisi. Elle dit que c’est pour vérifier que je ne manque de rien, c’est sympa, mais je suis sûre que j’arriverai à me débrouiller seule.

    En plus, il y a Hugo qui patrouille tous les soirs autour de la maison au cas où il y aurait une attaque. Je n’en reviens toujours pas que lui et sa famille sont des onocentaures ! Combien d’autres créatures mythologiques peuplent-elles les environs ? J’aimerais bien le savoir, mais Célestia me dit qu’il vaut mieux que j’en sache le moins possible à ce sujet. Pour ma sécurité paraît-il...

    Du coup, je suis plus méfiante. Je me demande même si parmi les gens que je connais, certains ne me cacheraient pas des choses. Alban, par exemple ! Il peut surgir quand j’ai besoin d’aide et en même temps il dit ne rien savoir de ses origines. C’est louche. À chaque fois que j’ai voulu aborder le sujet, il était soit distant, soit quelqu’un débarquait nous empêchant d’avoir une conversation.

    J’ai besoin de savoir ! En plus, mes rêves deviennent de plus en plus fréquents et semblent si réels ! Cette nuit encore. Je n’ai pas rêvé des Enfers cette fois, non, c’est tante Merry qui est venue me voir. On se trouvait dans son bureau. Elle m’a dit : « On s’agite en bas ! J’ai pu avoir des nouvelles de ma nièce. Ils la gardent enfermée dans une antichambre du palais des songes.

    Pour l’instant, ils la maintiennent endormie. Ce n’est pas plus mal. Pauvre Carole ! Elle ferait une attaque en voyant où elle a atterri. Elle qui disait toujours que j’attachai trop d’importance aux recherches de mon Eugène. De la science-fiction ! Voilà ce qu’elle en disait. » J’ai essayé de parler. Je voulais lui demander ce qu’elle savait. Comment combattre les Óneiroi ? Mais j’avais beau remuer les lèvres, les mots se bousculaient dans ma tête sans jamais réussir à les franchir. C’est dingue non ?

    Heureusement, Tatie était venue me délivrer un message. Elle avait des réponses à m’apporter et regrettait de ne pas avoir eu le courage de me parler plus tôt de la prophétie. Dans mon rêve, elle s’était dirigée vers la cheminée et avait saisi un ouvrage à la couverture reliée de cuir. « Tu trouveras une partie de tes réponses grâce à ceci », a-t-elle dit en agitant la main. C’est pour cela que j’ai voulu m’y rendre ce matin. J’ai bien fait, car j’ai fait une sacrée découverte !

    Dans ce vieux livre, j’ai trouvé une enveloppe contenant la dernière lettre que mon grand-oncle a adressée à tante Merry. Le courrier était d’une tristesse ! J’ai failli pleurer en le lisant. Oncle Eugène savait que le danger planait au-dessus de sa tête. Maintenant, je sais que je dois retrouver ses journaux. Tante Merry a entassé tous les souvenirs et des années de recherches au grenier. Il va me falloir de l’aide. Un chat n’y retrouverait pas ses petits ! Des cartons sont entassés pêle-mêle là-haut. En plus, je n’ai pas pu lever la trappe entièrement, elle est bien trop lourde. Il va me falloir des jours pour tout fouiller.

    Et justement, c’est ce qui me manque, du temps ! Je demanderai à Luna de m’accompagner là-bas lorsqu’elle sera rentrée du lycée.

    Camille referma son cahier et descendit se préparer un sandwich. Guinness, son bouvier bernois la suivait pas à pas en reniflant l’odeur du bacon tandis que la jeune fille croquait à pleines dents dans le pain de mie moelleux. — Patience mon vieux ! lui dit-elle la bouche pleine. Tu en auras un petit morceau si tu es sage. Son chien inclina la tête sur le côté et s’assit en remuant la queue.

     

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